03 décembre 2014

Tout de blanc vêtu

Tout de blanc vêtu

barre-flocons

La lune, à l'aube, ôte son habit virginal

Puis, sans mourir encore, son ombre décline

Quand, peu à peu, sur la vaste plaine argentine

Éclate allègrement le soleil hivernal

 

 Louant le ciel et sa pureté de cristal,

Une pie au plumage noir que l'on devine,

Offre au monde ébloui sa fraîche voix mutine

Pour célébrer l'angélus d'un chant amical

 

Cette angélique mélodie, au loin, résonne

Tel un chœur d'église qui, chaque jour, entonne

Une litanie emplissant l'espace clair

 

 Et ce décor ouaté, que la neige embrasse,

Évoque un Paradis blanc qui flotte dans l'air ;

Secrètement, on dirait un ange qui passe.

Monet - La pie-2

barre-arabesques-bleues

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25 décembre 2012

Onirisme

Onirisme

arabesques-noires

La Lune, avec sa couronne de lumière,

Étend lascivement sa beauté particulière

Sur le monde saisi d'une torpeur hivernale,

Et répand sur toute chose, sa clarté virginale.

 

Dans la froideur de cette nuit solitaire,

Les souvenirs ont le réconfort d'un suaire,

Mais leur écho sonne comme un prélude

A l'épuisement d'une vie qui se dénude.

 

Et, l'hiver délaye ses journées inachevées

Dans les larmes de ses amours rêvées,

Quand les baisers s'offrent avec ardeur

Et reçoivent le prix de leur candeur.

 

Au ciel, où s'égrène un chapelet d'étoiles,

Les âmes s'élèvent, comme des voiles,

Osant pleurer ces amours épistolaires

Pour apaiser leurs douleurs séculaires.

 

Mais si la Lune éclaire de sa lumière

Les méandres de cette nouvelle ère,

Peut-être sera-t-il permis d'aimer

Lorsque l'espoir se laissera exhumer.

 

lever-de-lune

barre-arabesques-bleues

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14 octobre 2012

Le Paradis rêvé des mortels

Le Paradis rêvé des mortels

fleur-orange

Quand l'œil glacé dans sa chape de verre

Dérange la paix sournoise des maisons,

Des rires étranges traversent les cloisons

Et glorifient pieusement ces cœurs de pierre.

 

Son regard statique réverbère les âmes

Où s'alimentent les plaisirs superficiels ;

Elles s'overdosent de paradis artificiels

Dans l'obsédant tapage des réclames.

 

Violence, sexe, sang, pouvoir et laideur :

Tout s'ausculte pour l'amour du sordide 

Quand s'asphyxie cette foule candide

Sous les flashs d'un spectacle sans pudeur.

 

Lorsque l'œil segmenté traverse le miroir

Pour refléter une vision apocalyptique,

Ce monde scabreux devient extatique

Rêvant le Paradis plus blanc qu'un mouroir.

 

Mais son apparence au charme séraphique

Perpétue l'envie d'une sauvage intrusion ;

Et son attrait transforme en pure illusion

L'esthétisme d'une vie pornographique !

 

faux-miroir

barre-arabesques-bleues

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