10 novembre 2013

Après la pluie

Après la pluie

barre-automne

Tandis que passent les heures monotones

Entre des murs où j'attends de mourir,

Un ciel livide s'agite, exhume un souvenir

Lointain - et pourtant familier : les cyclones !

 

Le vent sème au loin des feuilles mortes

Dans le va et vient d'un monde ordinaire ;

Et cet air connu - plusieurs fois millénaire :

C'est la pluie battante qui frappe à nos portes.

 

J'aime entendre son rythme continu

S'accorder cycliquement à ton âme lascive,

Lorsque mon sang - telle une eau vive -

Va répandre ses flots sur ton corps nu.

 

Ils reviennent, alors, ces lourds silences

Enterrer les vestiges de nos crimes ;

Mais nulle lumière ne remonte des abîmes

Où règne encore un tourbillon de violences.

 

Et je sens, de la terre froide et humide,

Comme des parfums longtemps enfermés,

D'anciens fantômes maladroitement aimés

Altérer l'ambiance de ma chambre vide.

 

On dirait, cependant, que tu n'aimes que moi

Quand tu déposes - en homme heureux -

Un arc-en-ciel sur mon cœur amoureux :

La rareté d'un lien qui m'attache à toi.

 

femme-et-pluie

 trefles-dores

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31 janvier 2013

Au Ciel, où je le retrouverai

Au Ciel, où je le retrouverai

carres-bleus

Hélas ! Bien que je l'appelai avec ardeur

Cherchant le remède qui tuerait ma douleur

Pendant ces longues journées sans repos,

La Mort ne m'a pas prise - Il est trop tôt !

 

Lors de ces heures où j'aimai sans relâche,

(Où j'aime encore, comme lorsque l'on s'attache)

Mes larmes n'ont pu retenir ses promesses

Alors qu'Elle m'effleurait de ses caresses.

 

Et, du funeste crépuscule à l'éclat de l'aurore,

J'ai broyé mon cœur que le chagrin dévore

Puisqu'à la fin il faut vivre, et pour toujours

Oublier l'amertume qui empoisonne les jours.

 

Hors des ténèbres qui ne veulent pas de moi,

Je survis, irrémédiablement ; C'est la loi !

La Mort m'oublie, pour un temps seulement,

Car l'Amour illumine tout - jusqu'au firmament.

 

Tandis que je me berce de souvenirs heureux

Comme l'onde frissonne d'accords mélodieux,

Je me nourris désormais d'espoirs étranges :

Nous retrouver au Ciel, bénis par les Anges.

 

femme-endormie

trefles-dores

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12 novembre 2012

Quand les Anges pleurent

Quand les Anges pleurent

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L'air affaibli et lourd embrasse

Un ciel jaune, presque mort

Et enserre d'une cuirasse

Le Monde qui, alors, s'endort.

 

Le vent dérange une poussière

Abandonnée depuis longtemps,

Ajoutant une obscurité familière

Aux sombres colères du Temps.

 

Soudain, la ville entière s'immobilise

Quand retentit un bruit continuel,

Comme dans le chœur d'une église

Résonne un écho perpétuel.

 

Le tonnerre gronde, formidable

Surprenant le Monde émerveillé,

Et offre un spectacle remarquable

Au dormeur à présent réveillé.

 

Et la pluie verse, inlassablement

Un flot de larmes continues :

Les Anges, pleurant humblement

Leur trop-plein de douleurs contenues.

 

ange-pluie

trefles-dores

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09 septembre 2012

Empreintes

Empreintes

barre-anneaux

J'envie ces souvenirs immortels,

En notes bleues, fixant l'empreinte

Qui vient apaiser, telle une étreinte

La fragilité de nos cœurs mortels.

 

Car, nos vies sublimées en apparence

Se heurtent, au chevet de l'Eternité,

Au précepte d'une obscure divinité :

L'ignorance dans l'oubli de l'existence.

 

Mais le passé s'enfuit sans mourir

Portant les stigmates de nos faiblesses

Et la mémoire fanée de nos tendresses

Dans nos âmes faites pour souffrir.

 

A l'aube nouvelle de ce siècle moqueur

Où s'entremêlent joie et souffrance,

Ces ombres s'ornent d'une Puissance

Qui symbolisera l'Amour vainqueur.

 

la-memoire2

trefles-dores

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31 août 2012

Lune noire

Lune noire

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Vient la nuit, dans sa langueur obscure et douteuse

Superbe, faite pour me plaire, aveugle et feutrée ;

Sa veilleuse éteinte, elle croît nonchalante, à mesure

Que s’éveille mon désir dans ces ténèbres assoupies.

Mes soupirs expirent, lascifs trahissant mes envies

Dont tu sens les caresses troubler ton cœur pur ;

Lorsque tu oses me retenir près de toi, cloîtrée

S’attise une flamme qui libère mon âme amoureuse.

 

En cette heure ardente et sublime, je suis heureuse !

 Quelle éternité a-t-il fallu pour faire de moi ton adorée ?

 Alors que je m’apaise au son de ta voix rassurante et sure

 Je rêve et espère me délivrer de mes blessures enfouies…

 Mais à travers ta lumière, j’aperçois à peine tes lubies

Qui m’envahissent lentement et entament mes fêlures ;

Mon corps tremble de cette existence enviée et adulée

 Mais tu en contemples la lente agonie douloureuse.

 

C’est là, l’instant où je m’éteins telle cette belle enjôleuse

 Qui déploie pour moi de sombres tentures, draperies glacées

 Tournant violemment autour de mon être à la triste parure ;

Sous mes paupières closes et paisibles tu me crois endormie.

Tu viens pour me retenir et puiser ce qu’il me reste de vie :

Une liqueur verte et létale qui me fige dans ma sépulture ;

 Ton amour reste intact et les fleurs parfumées et dorées

 Dans mon jardin oublié où je vis éternelle et heureuse.

 

femme-endormie-roses2

trefles-dores

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14 août 2012

Schéma corporel contrarié (Duo avec Yannig)

Schéma corporel contrarié

barre-scintillante

J'ai pour moi seule, toute la beauté du monde
Enfermée dans un coffre, sans aucun espoir
De m'extraire de cette folie vagabonde
Qui brûle en s'agitant, comme un encensoir

*
 Quel est ce corbeau qui, de ses ailes sombres
Retenant prisonnières tes pensées légères,
Sur ton monde muet, a fait avec les ombres
Un lourd tissu de larmes mensongères ?

*
 C'est la peur, sourde hantise de mon existence,
Qui glisse, immuable, dans mes tristes rêves
Et me fait sombrer dans une horrible démence
Dont je ne distingue ni issues, ni trêves

*
 Comme toi, j'ai banni les vagues fantômes
De mon âme inquiète, obscure et confuse,
Entrevu quelques éclairs et les faibles atomes
D'un bonheur, même imparfait, qui se refuse

*
 Si toi, tu m'acceptes et m'offres tes trésors
J'accéderai peut-être à l'Univers entier,
A des richesses immortelles, de feux et d'ors
Voluptés inviolées qu'il me faudra expier

*
 Jetant sur ton Hiver un doux voile de finesse
Toujours victorieux, reviendra le bel Été,
Qu'un éternel Soleil embellisse ta jeunesse
Et règne sur ta vie en Monarque indompté !

*
 Oui, j'entrevois la claire lueur du Printemps,
D'une beauté unique dans ses éclats de lumières
Et, je caresse l'ultime faiblesse du Temps
Où sont dissipées mes sombres chimères

*
 Sans donner à ton corps un moment de repos,
Bénissant l'espérance et la flamme de l'envie
Tu oublieras les regrets qui te courbent le dos,
La grâce te montant à l'âme, tu jouiras de la Vie !

*

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trefles-dores


* Duo avec Yannig *

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03 août 2012

Quand le Soleil s'éteindra

Quand le Soleil s'éteindra

boules-dorees

Il y a dans ma sombre sphère

Une parenthèse enchantée :

L'éclat d'une âme diamantée,

Son orgueil et sa pose altière.

 

Seule dans le néant, elle éclaire

Sans ciller, mon esprit tortueux

Et en purifie le dédale sinueux

D'une flamme droite et claire,

 

Plus précieuse que de l'or,

Plus éternelle que les immortels ;

Si je survis parmi les mortels,

L'Amour perpétuera ce trésor.

 

Mais quand ce Soleil s'éteindra

Et sacrifiera mon corps sclérosé,

J'éparpillerai mon cœur nécrosé

Dans l'ombre qu'il engendrera.

 

soleil-eteint

trefles-dores

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18 juillet 2012

Paradis extatique

Paradis extatique

boule-rose

Dans cette forêt que je hais, aux créatures hostiles

Elle m'accompagne, belle comme la nuit, silencieuse ;

Ses noirs attraits m'attirent et son ombre pernicieuse

Me fait errer sans fin parmi ces terres infertiles.

 

D'en haut, son œil sarcastique guette ma déchéance

Et son empreinte nébuleuse fixe durement une envie :

M'unir, si Elle accepte, à l'extase perpétuelle de sa vie

Et que mon cœur en ruine survive à cette alliance.

 

Comme Elle m'aime, je l'aime aussi et accepte en don

L'aveu de ses faveurs, une tiare ornée d'un diamant noir

Reflétant le sel de ma mémoire dilué dans un ostensoir ;

Pour m'emprisonner Elle m'offre son plus beau pardon !

 

Alors toi ! Dans ton habit de neige au blanc uniforme

Entraîné dans le cortège qui consacre ce vœu nuptial,

Tu n'oublies pas ce jour où, gravée sur un mémorial

Je m'affranchis pour toujours d'une réalité difforme.

 

 mariee_triste2

trefles-dores

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14 juillet 2012

Raison hantée (Duo avec Yannig)

Raison hantée

fleches-dorees

Dominé -dans la nuit- par des pulsions étranges,

L'esprit hanté par la luxure et le blasphème

Travestit ses travers, par un vieux stratagème :

Faire passer les démons pour d'authentiques anges

 

Aguerri aux ouvraisons de bouches méthodiques

C'est, combinant les débris d'une vie à demi-remplie,

Qu'il transforme en sève cascadante et multiplie :

Les haleines nauséeuses et les baisers spasmodiques

etoile

Dissimulée sous le vernis d'une fausse pudeur,

Cette âme électrisée par des sourires mielleux

Assume, sans complexe, ses propos fielleux :

Revendiquer effrontément une fallacieuse candeur

 

Et, pervertie par le rythme effréné de sa nature,

Elle scande l'idée sublimée sous un ciel statique

Qu'une étrangeté se dévoile à son œil extatique :

La prodigieuse bestialité d'une aimable créature

 

le-cauchemar

trefles-dores


etoileDuo avec Yannig etoile

 

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11 juillet 2012

Le saut de l'Ange

Le saut de l'Ange

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 Je veux, pour toi qui règne sur un éternel été

Te donner un Ange qui t'ornera de sa pureté

 

Je veux que sa beauté affranchisse ta mémoire

D'une existence martyrisée dans ton purgatoire

 

Il te fera, d'un linceul immaculé, un habit aérien

Et, de ses ailes graciles, à la blancheur virginale

T'emportera loin de ce monde où tu ne vois rien,

Ce qui a sombré dans la lente agonie hivernale.

 

J'erre parmi d'étranges silhouettes décolorées

Qui tombent à mes pieds dans un silence glacial

Expirant dans ma tombe décorée de roses givrées,

Âmes perdues gardées dans mon repaire sépulcral.

 

J'ai, pour soulager ma conscience, choisi de t'aimer

Sans fleurs ni couronnes, pour conjurer ma lâcheté

Et ma peur, herbes folles qu'il me faudra exhumer

Afin qu'elle soient sacrifiées sur l'autel de ma vanité.

 

Le voici cet Ange, pour exalter ta banale destinée

A l'abri des regards dans ta demeure illuminée.

 

Mais le regardant veiller sur l'univers des vivants

Tu le trompes pour l'anéantir, Lui et les survivants !

 

ange_noir

trefles_dores

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