Après la pluie

barre-automne

Tandis que passent les heures monotones

Entre des murs où j'attends de mourir,

Un ciel livide s'agite, exhume un souvenir

Lointain - et pourtant familier : les cyclones !

 

Le vent sème au loin des feuilles mortes

Dans le va et vient d'un monde ordinaire ;

Et cet air connu - plusieurs fois millénaire :

C'est la pluie battante qui frappe à nos portes.

 

J'aime entendre son rythme continu

S'accorder cycliquement à ton âme lascive,

Lorsque mon sang - telle une eau vive -

Va répandre ses flots sur ton corps nu.

 

Ils reviennent, alors, ces lourds silences

Enterrer les vestiges de nos crimes ;

Mais nulle lumière ne remonte des abîmes

Où règne encore un tourbillon de violences.

 

Et je sens, de la terre froide et humide,

Comme des parfums longtemps enfermés,

D'anciens fantômes maladroitement aimés

Altérer l'ambiance de ma chambre vide.

 

On dirait, cependant, que tu n'aimes que moi

Quand tu déposes - en homme heureux -

Un arc-en-ciel sur mon cœur amoureux :

La rareté d'un lien qui m'attache à toi.

 

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